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Foresterie urbaine : un défi qualitatif
16 février 2026

Foresterie urbaine : un défi qualitatif Par Équipe Dyotte Déom Paysage

Nous avons besoin de biodiversité ! D’où la question suivante : à partir de combien d’espèces peut-on considérer qu’un ensemble est véritablement diversifié? Dans la plantation d’arbres, deux principes nous guident. Le premier est la règle de Santamour (10-20-30) qui porte sur la diversité spécifique tandis que le second concerne la diversité fonctionnelle des arbres.

Le véritable auteur de la règle du 10-20-30 n’est pas connu, mais cette approche est associée à Frank Santamour qui l’a présentée lors d’une conférence en 1990. Elle consiste à ne pas planter plus de 10 % d’une même espèce, pas plus de 20 % d’un même genre et pas plus de 30 % d’une même famille. Il peut sembler que cela nécessite de nombreux calculs, mais ce n’est pas le cas — surtout lorsqu’on peut estimer approximativement le nombre d’arbres requis. Selon l’échelle du projet, on peut se concentrer uniquement sur la règle du 10 % et veiller à ne pas dépasser cette proportion pour chaque espèce, tout en s’assurant ces espèces proviennent de familles différentes. Ainsi, les deux autres exigences sont généralement satisfaites automatiquement. S'il s'agit d'un projet de grande envergure, on peut tout de même commencer avec la règle du 10 % et ajuster les proportions en cours de route. Par exemple, lorsqu’on atteint le maximum d’ostryers de Virginie (Ostrya virginiana), on peut proposer une quantité équivalente de bouleaux à papier (Betula papyrifera) qui eux, appartiennent à la même famille que les ostryers. Plus on applique cette méthode,
plus le processus devient intuitif.

Il y a aussi la stratégie de diversité fonctionnelle qui a été développée au sein de la Chaire de recherche CRNG/Hydro-Québec sur le contrôle de la croissance des arbres, par les chercheurs Alain Paquette et Christian Messier. Elle repose sur les caractéristiques propres aux arbres et sur leur niche écologique. En résumé, on divise les arbres en cinq grandes catégories, déclinées en quelques sous-catégories. Chaque groupe possède ses traits distinctifs, ses forces et ses faiblesses. En combinant ces groupes dans un même espace, on s’assure qu’en cas de perturbation climatique majeure — comme une inondation — ce ne sont pas tous les arbres qui succomberont. Cette méthode est moins facile à appliquer que la règle du 10-20-30, entre autres par l'absence de certaines espèces dans le guide. Toutefois, les deux approches sont complémentaires. On peut, par exemple, introduire nos 10 % d’arbres en sélectionnant des espèces issues de différents groupes fonctionnels. Dans la mesure du possible, les groupes autres que les deuxième et quatrième seront à privilégier puisqu’ils sont déjà surreprésentés dans les villes du Québec.

Source: Chaire de recherche CRNG/Hydro-Québec sur le contrôle de la croissance des arbres 

Les deux principes précédents abordent la diversité spécifique et la diversité fonctionnelle. Il existe une troisième diversité, toute aussi importante : la diversité génétique. En horticulture, cependant, celle-ci est plus difficile à atteindre. D’un côté, cela s’explique par les attentes des consommateurs ; de l’autre, par les caractéristiques recherchées chez les plantes. Lorsque des consommateurs achètent des arbres, ils s’attendent généralement à obtenir des spécimens relativement uniformes en taille et en forme et ce, au plus bas prix possible. La meilleure façon de répondre à cette demande est par la multiplication végétative. En résumé, on prélève une branche d’un arbre mature et on la replante pour obtenir un nouvel individu. Ce procédé permet de produire rapidement des arbres ayant les mêmes caractéristiques que la plante d’origine, prêts à être mis en terre et à contribuer à la canopée urbaine. Dans le cas des arbres fruitiers, cette méthode est encore plus cruciale afin de préserver les caractéristiques du fruit. Cependant, la multiplication végétative produit des clones : des individus génétiquement identiques. Or, une population clonale est plus vulnérable aux maladies et aux insectes. Une alternative consiste à faire pousser les arbres à partir de semences. Ce processus demande plus de temps et de ressources, mais il favorise la diversité génétique. La Ville de Montréal, par exemple, obtient une partie de ses arbres auprès de la pépinière municipale de L’Assomption, qui applique précisément cette méthode. Malheureusement, ces arbres ne sont pas accessibles aux particuliers. Néanmoins, il existe des endroits où on peut se procurer des graines d’arbres et ainsi contribuer soi-même à la diversité génétique locale.

Il est important de noter que les principes décrits ci-dessus concernent la diversité des plantations, mais pas leur quantité. Par exemple, quelqu’un pourrait planter une épinette, un marronnier et un bouleau sur un hectare, et affirmer — à juste titre — qu’il y a une diversité fonctionnelle parmi les arbres. Heureusement, il existe aussi un guide pour assurer une densité suffisante : la règle du 3-30-300. En combinant qualité et quantité, on crée un environnement favorable à la fois pour les humains et pour les écosystèmes.

Pour en savoir plus sur les critères quantitatifs, restez à l’affut!

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