Les plantes envahissantes Par Équipe Dyotte Déom Paysage
Les espèces envahissantes sont des espèces végétales (ou animales) introduites, volontairement ou accidentellement, dans des écosystèmes où elles ne sont pas naturellement présentes. Ces plantes sont souvent appelées EEE (Espèce Exotique Envahissante). Elles se caractérisent par leur capacité à se développer rapidement et à supplanter les espèces indigènes, ce qui peut entraîner de graves déséquilibres écologiques et économiques. L'horticulture est l'une des principales sources d'introduction répétée de ces végétaux. Si vous les repérez, nous vous invitons à les signaler via l’application du MELCCFP, Sentinelle.
Ces plantes colonisent souvent des milieux perturbés grâce à des stratégies telles qu'une forte production de graines, une germination rapide, un système de rhizome vigoureux et une capacité d’adaptation exceptionnelle. Ce qui les aide également dans leur propagation est l’absence d’êtres vivants qui s’en nourrissent. Parmi les espèces les plus problématiques, on retrouve la renouée du Japon, le phragmite, l’érable de Norvège et le nerprun. Ces végétaux prennent le dessus sur la flore locale en accaparant les ressources comme l’eau, la lumière et les nutriments du sol laissant peu de place aux espèces indigènes.
Les conséquences sont multiples : diminution de la biodiversité, perturbation des habitats fauniques et floristiques, érosion des sols et modification des cycles naturels des écosystèmes. Sur le plan économique, les plantes envahissantes peuvent causer des pertes agricoles et occasionner des coûts importants dans leur gestion.
Pour lutter contre leur propagation, plusieurs approches sont utilisées, telles que l’arrachage manuel, l’utilisation d’herbicides ciblés ou encore la réintroduction d’espèces indigènes compétitives. La prévention reste cependant la stratégie la plus efficace. Cela passe par la sensibilisation du public, le contrôle des échanges de plantes et l’élimination précoce des espèces envahissantes avant leur expansion. Nous vous proposons de faire le point sur 3 espèces :
Renouée du Japon (Fallopia japonica var. japonica)
Les abeilles adorent sa floraison blanche ! Mais ne soyez pas dupés : la renouée se propage par des rhizomes ou des morceaux de tiges formant ainsi des buissons denses. Vous pouvez reconnaître ses pousses par leur ressemblance avec du bambou. Si vous appréciez la beauté de cette plante, vous pouvez considérer des alternatives comme la renouée polymorphe (Persicaria polymorpha) ou la barbe-de-bouc (Aruncus dioicus).
Feuilles et fleurs de la renouée (source photo: Defi Écologique)
Tiges (source photo: L’info du Nord)
Si votre terrain est infesté, vous pouvez l’éliminer par excavation, arrachage, bâchage ou à l’aide d’herbicides. Dans le premier cas, vous devez retirer la renouée ainsi que la terre adjacente. Il est important de se débarrasser de la terre afin d’empêcher la repousse des fragments de renouée. L’arrachage implique l’extraction des rhizomes (racines) et cette opération doit être répétée au moins chaque année. Jetez les morceaux de la plante à la poubelle et non dans le compost pour éviter qu’elle ne repousse. Le bâchage consiste à couper les tiges et à les couvrir avec une bâche foncée, maintenue par des roches, pendant quelques années. À la fin du bâchage, enlevez la bâche et plantez des arbustes à croissance rapide qui pourront concurrencer la renouée restante. Enfin, si vous optez pour des herbicides, consultez les règlements municipaux et respectez scrupuleusement les instructions d’utilisation.
Herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia)
Avez-vous des réactions allergiques au pollen vers la fin de juillet ? Si oui, il est fort probable que l’herbe à poux en soit la cause. Elle est responsable d’environ 75 % des allergies au pollen. Vous pouvez la reconnaître par ses feuilles très découpées. En juin et juillet, ses fleurs en épi apparaissent et s’ouvrent à la fin de juillet.
C’est une plante annuelle, ce qui signifie qu’elle ne vit qu’un an. Chaque année, de nouvelles plantes apparaissent et doivent être arrachées. À noter que la coupe ou la tonte ne sont pas efficaces. Pour limiter sa présence, commencez par ne pas laisser le sol à nu : plantez des plantes couvre-sol denses, appliquez du paillis ou semez des plantes compétitives comme le trèfle.
Herbe à poux (source photo: L’Écho de Maskinongé)
Nerprun bourdaine (Rhamnus frangula)
Les oiseaux apprécient ses petits fruits noirs, mais attention ! Comme pour la renouée, son apparente utilité est en réalité un piège. En consommant les fruits, les oiseaux propagent ses graines sur plusieurs kilomètres. Le nerprun pousse tôt au printemps et crée une ombre trop dense qui empêche les plantes indigènes de s’installer. Vous pouvez le reconnaître à ses fruits qui passent du rouge au noir et à ses feuilles ovales aux nervures parallèles.
Tige de nerprun (source photo: Sten Porse | Wikimedia)
Si vous aimez les arbustes fruitiers ou souhaitez accueillir les oiseaux, privilégiez des alternatives comme l’aronie à fruits noirs (Aronia melanocarpa), le sureau du Canada (Sambucus canadensis) ou l’amélanchier à feuilles d’aulnes (Amelanchier alnifolia). De plus, les trois produisent des fruits comestibles.
Pour éliminer un jeune plant de nerprun, arrachez-le avec le plus de racines possibles entre mai et juin. Pour déloger un nerprun mature, l’usage d’une pelle est recommandé. Les résidus peuvent être compostés sans problème puisque sa partie aérienne ne possède pas la capacité de se régénérer. Cependant, si les fruits sont mûrs (ou presque) sur les branches, il faut s’en débarrasser correctement en les plaçant aux ordures. Surveillez la zone, car les semis déjà présents profiteront de l’espace laissé par les plants mères arrachés. Avec le temps, vous en verrez de moins en moins, mais un oiseau de passage peut en ramener de nouveaux.
Vous pouvez également couper le nerprun au lieu de l’arracher, mais attention : il produit de nombreux rejets, ce qui nécessitera des coupes régulières. Pour limiter sa prolifération, favorisez des plantes vigoureuses comme le sureau, le framboisier ou la verge d’or qui lui feront concurrence.
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Feuilles et fleurs de la renouée (source photo: Defi Écologique)
Tiges (source photo: L’info du Nord)
Herbe à poux (source photo: L’Écho de Maskinongé)
Tige de nerprun (source photo: Sten Porse | Wikimedia)