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Forêt Miyawaki
16 mars 2026

Forêt Miyawaki Par Équipe Dyotte Déom Paysage

Au cours des cinq dernières années, certains arrondissements de Montréal ont planté des microforêts en suivant la méthode Miyawaki. Il s’agit d’une technique développée par le botaniste et écologiste japonais Akira Miyawaki. En résumé, elle consiste à planter de manière dense et à laisser la nature reprendre ses droits. Cette approche permet de créer des « hotspots » de biodiversité sans nécessiter beaucoup d’espace et ce, en seulement 20 à 30 ans. À Montréal, certaines de ces forêts sont aussi petites que 200 m². Bien sûr, plus elles sont grandes, mieux c’est. Mais dans les métropoles axées sur l’humain, ce n’est pas tout le monde qui souhaite vivre en forêt!

La méthode Miyawaki comprend les éléments suivants :

  1. Un bon projet commence par une bonne fondation — dans ce cas, la terre. Il est essentiel de commencer par améliorer la qualité du sol, notamment en y ajoutant généreusement du compost enrichi de mycorhizes. Cet amendement augmentera les chances de succès des plantes et favorisera le développement d’une diversité de microorganismes.
  2. Sélectionner des plantes indigènes adaptées aux conditions du site (type de sol, ensoleillement, humidité). Les plantes indigènes soutiennent le mieux la faune locale. En choisissant des espèces appropriées, on s’assure que la méthode sera efficace. Sinon, la forêt poussera très lentement — ce qui va à l’encontre de l’objectif de la méthode.
  3. Favoriser une grande diversité de plantes. Incluez les trois strates forestières : la strate arbustive, la strate arborescente (arbres pionniers) et les grands arbres. Comme dans un écosystème naturel, toutes les plantes ne poussent pas au même rythme. Les arbustes et les arbres pionniers se développent plus rapidement. Pendant ce temps, les grands arbres prennent progressivement de l’ampleur. Il est recommandé de planter entre 30 et 50 espèces, dont idéalement la moitié devraient être des espèces dominantes de la région. Plantez de manière dense (entre 3 et 5 plantes par m²) et aléatoire. Cette densité favorisera la compétition, et par la sélection naturelle, les individus les plus vigoureux atteindront la maturité. Grâce à la diversité, on maximise les fonctions écosystémiques couvertes.
  4. Autant que possible, privilégier la plantation de semences ou de plants issus de semences afin de favoriser la diversité génétique. Dans les pépinières, on trouve le plus souvent des plantes propagées par bouturage ou greffage. Ces modes de propagation produisent des clones. Si un pathogène ou un ravageur survient un jour, tous les clones seront vulnérables. En revanche, la diversité génétique augmente les chances de survie des plantations.
  5. Terminer par l'application d’un paillis. Celui-ci aidera à retenir l’humidité du sol et limitera l’établissement des adventices indésirables, comme le nerprun.

Comment entretient-on une telle forêt ? On l’arrose et on élimine les espèces envahissantes. Il est nécessaire de le faire durant les deux ou trois premières années, jusqu’à ce que la strate arbustive prenne de l’ampleur et ne laisse plus d’espace aux plantes envahissantes pour s’établir.

Il faut s’attendre à un certain taux de mortalité parmi les plantes — c’est normal : il s’agit de la compétition naturelle entre les espèces, comme on l’observe dans les écosystèmes sauvages. Ce processus permet de se rapprocher d’une succession végétale naturelle. Il est important de noter que le rythme de cette méthode n’est pas entièrement « naturel » : il est accéléré, voire forcé.

Dans la nature, un espace vide est d’abord colonisé par des plantes annuelles peu exigeantes, suivies de vivaces, puis d’arbustes. Viennent ensuite les arbres pionniers, qui, au fil des décennies, cèdent la place à de grands arbres. Cette succession peut prendre plus de 100 ans.

Certes, rien n’égale une forêt ancienne et naturelle en termes de qualité environnementale sous tous ses aspects. Cependant, nous vivons actuellement une crise climatique et une crise de la biodiversité. C’est pourquoi la méthode Miyawaki représente un des moyens pour accélérer l’augmentation de la biodiversité locale en milieu urbain. En plus de la biodiversité, une telle forêt offre plusieurs services écosystémiques recherchés : création d’une canopée atténuant les îlots de chaleur, captation du carbone, gestion des eaux et amélioration de la résilience climatique.

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