3-30-300 Par Équipe Dyotte Déom Paysage
Plus il y a d’arbres, mieux c’est. Mais les conditions urbaines et les ressources nécessaires pour les planter et les entretenir sont rarement à la hauteur des ambitions. Pour atteindre une couverture arborée suffisante, il faut des objectifs concrets, et non de simples vœux pieux comme « autant que possible ». Cela soulève une question essentielle : qu’est-ce qui est suffisant ? Une réponse possible est la règle du 3-30-300, proposée par Cecil Konijnendijk dans Biophilic Cities en 2021.
Source: Google Earth
Cette règle s’appuie sur des recherches et des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Elle stipule qu’un citoyen devrait voir au moins trois arbres matures depuis son lieu de vie. Idéalement, on vise des arbres de hauteur moyenne (entre 13 et 20 mètres) ou grande (20 mètres et plus) où cela est pertinent. Par ailleurs, au moins 30 % de la superficie urbaine devrait être couverte par une canopée arborée. Dans les régions de prairies ou de déserts, l’objectif peut être adapté à 30 % de couverture végétale au sens large. Enfin, chaque résident devrait avoir accès à un parc d’au moins un hectare, situé à 300 mètres ou moins de son domicile, soit environ cinq minutes de marche.
Souvent, les municipalités imposent des règlements qui exigent une quantité minimale d’arbres, calculée en fonction de la longueur de la façade du lot ou de sa superficie. Il s’agit d’un point de départ qui peut parfois suffire à atteindre les 30 % de couverture. De plus, lorsque nous concevons un complexe résidentiel, nous intégrons généralement un espace commun planté d’arbres — qu’il s’agisse d’une aire de pique-nique ou d’un petit parc de proximité. Si la canopée s’avère insuffisante, nous ajoutons davantage d’arbres. En règle générale, nous les répartissons de manière équilibrée sur l’ensemble du lot. Bien sûr, nous ne vérifions pas systématiquement si chaque fenêtre donne sur exactement trois arbres, mais en assurant une distribution uniforme et une couverture arborée d’au moins 30 %, nous pouvons raisonnablement estimer que l’objectif des « 3 arbres par vue » est atteint.
Source: Flickr | Seattle Parks and Recreation
Pour ce qui est de l’implantation d’un parc dans un rayon de 300 m, c’est surtout un travail de planification du tissu urbain. Dans le cas des villes déjà bâties, où il est difficile voire impossible d’insérer un parc, on peut augmenter le verdissement même si l’échelle est moindre. L’auteur de la règle recommande de viser dans ce cas minimalement 0,5 hectare. Pour y arriver, on installe des bacs de plantation principalement sur des rues piétonnisées en été. En complément, le verdissement des ruelles constitue un atout important pour le verdissement de proximité. Finalement, certains espaces sous-utilisés peuvent être réappropriés, par exemple, le parc des Gorilles à Montréal a vu le jour grâce à la mobilisation citoyenne.
Mais planter beaucoup d’arbres ne signifie pas nécessairement bien planter. Si l’on plante une seule et même espèce sur un hectare, même en respectant la règle du 3-30-300, il s’agira d’une monoculture arborée avec peu de biodiversité. La qualité d’une forêt urbaine se mesure aussi par la diversité des essences. En combinant qualité et quantité, on crée un environnement favorable à la fois pour les humains et pour les écosystèmes.
Pour terminer, il ne faut pas sous-estimer l’entretien annuel, que nous devrions considérer comme obligatoire afin de transmettre cette canopée urbaine aux prochaines générations.
Pour en savoir plus sur les critères qualitatifs, lisez notre article Foresterie urbaine : un défi qualitatif
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